Mosaique Notre Dame du Puits

La rencontre avec la Samaritaine (Jn 4)
1. Dans l'ancienne imagerie, la samaritaine porte une cruche, cependant l'interprétation moderne voit plutôt un flacon destiné aux funérailles. Cette femme représente à travers son histoire un échec perpétuel dans l'amour, ses tentatives répétées se terminent par un échec. Comme si elle revenait toujours pour remplir sa cruche d'eau sans pouvoir étancher sa soif. La mort est un compagnon du sort de la personne humaine, elle est liée à son destin, la personne prend l'eau et la boit tout en sachant qu'elle mourra un jour, sa vie est complétée par la mort. La samaritaine vient au puits avec sa vie, sa cruche et Jésus, examinateur, fatigué et assoiffé lui demande « Donne-moi à boire » (Jn 4.7), il daigne et il demande, dans le sens où la femme peut à son tour demander quand elle reconnaît dans son cœur que la source de la vie est là.

D'ailleurs, la samaritaine entame la controverse : « Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? » (Jn 4.9) finalement Jésus conclut : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive… » (Jn 4.10) « mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jn 4.14)

Alors la samaritaine demande à Jésus cette eau, afin qu'elle n'ait plus soif, et qu'elle ne vienne plus puiser. La femme accepte l'eau du Christ tandis que lui accepte sa mort. Le flacon funéraire se déverse sur la main du Christ et le Christ accepte la mort de la femme et sa soif de vaincre la mort et l'étanchement de la soif dans la vie. Les puits sont asséchés et remplis de sable, les vents ont portés le sable à l'intérieur.

Mais maintenant le puits est le Christ, son habit et son corps s'entrelacent avec le puits pour que soit visible qu'il est le puits véritable. Si les ainés se battaient pour les puits, c'est parce que celui qui possède le puits a la vie, c'est pourquoi ils les gardaient avec attention. Le Christ propose désormais généreusement le vrai breuvage visé du côté où le Christ tiens la cruche et la samaritaine demande sans connaître quelque chose qui dépasse ses pensées. Tout découle d'un malentendu, elle demande de l'eau pure, le Christ lui donne l'eau véritable, il se donne : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture. » (Jn 7.37-38). Comme si quelque chose de plus profond que sa perception et sa conscience l'a limité à une lecture superficielle mais en même temps l'a poussé à demander à boire, elle pose une question plus profonde en reconnaissant qu'il est le Christ et lui demande l'eau pour ne plus avoir soif. Elle est devenue messager dans le droit chemin même si tout est parti d'un malentendu ce qui a fait que plusieurs Samaritains crurent en Jésus grâce à la déclaration formelle de la femme (Jn 4.39). Elle a volontairement accepté la vie que le Christ lui a entièrement et radicalement donnée, dans la mesure où ses paroles ont fait que les gens sont allés à la rencontre du Christ. Les six jarres rappellent les noces de Cana et ainsi le droit conjugal. Au début de son évangile, Jean-Baptiste annonce que le Christ est le véritable époux de l'église. La samaritaine qui vit une tragédie de l'amour rencontre son sauveur qui la sépare de l'obscurité et de la mort,qui l'uni avec la vie, la lumière et la fontaine inépuisable.C'est pour cela que ses paroles ont fait que les gens rencontre celui à qui elle est unie, le sauveur; ils comprendront eux aussi : « il est vraiment le Sauveur du monde » (Jn 4,42)

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